Les affrontements dans la localité de Korbol entre les rebelles du MPRD et l’armée ont fait plus de 30 morts et une centaine de blessés, selon des sources autorisées parvenues en exclusivité à Confidentiel Afrique. Le palais de NDjaména, abasourdi, qui suit l’affaire de très près blinde son dispositif de riposte et compte mener des opérations de grande envergure dans les prochains jours sur les principales lignes de front. Détails exclusifs
L’intensité et la violence des affrontements à Korbol entre les rebelles du MPRD et l’armée donnent des nuits cauchemardesques au président Mahamat Idriss Deby. Selon des informations crédibles obtenues par Confidentiel Afrique, la bataille à l’arme lourde a fait une trentaine de morts, plus de 70 morts et de 200 blessés. Le palais de NDjaména désarçonné a réuni en urgence le cabinet militaire autour du président tchadien selon des informations sécuritaires parvenues à Confidentiel Afrique.
Ces affrontements de Korbol entre le MPRD et l’armée tchadienne, survenus le 13 janvier 2026, ont révélé à la fois la fragilité militaire du pouvoir et la persistance d’une menace rebelle multiforme qui pèse sur N’Djamena.
Le 13 janvier 2026, la localité de Korbol, dans la région du Moyen-Chari au sud du Tchad, a été le théâtre de violents combats entre l’armée nationale et les combattants du Mouvement pour la paix, la reconstruction et le développement (MPRD). Ces affrontements ont éclaté après l’ultimatum lancé par N’Djamena, qui avait donné 48 heures aux rebelles pour déposer les armes.
Des sources locales peu fiables font état de plus de 70 morts et plus de 400 blessés dans les rangs de l’armée régulière et expliquent que les hostilités ont commencé en fin de matinée, après l’entrée des forces gouvernementales par la localité de Néou. Mais, des sources autorisées sécuritaires en possession de Confidentiel Afrique, ont révélé que le bilan est exagéré et parlent d’une trentaine de morts et de 200 blessés. Le MPRD affirme avoir capturé des émissaires gouvernementaux, dont deux sous-préfets et un chef de canton, envoyés pour négocier l’ultimatum.
Fin de la trêve et opérations d’envergure de l’armée tchadienne en vue
Ces combats marquent la rupture d’une fragile trêve après plusieurs mois de pourparlers de paix. L’armée justifie son intervention par des exactions commises par le MPRD contre des civils.
Ainsi, Korbol apparaît comme un épisode sanglant et révélateur : malgré les efforts diplomatiques, la confrontation armée reste la voie privilégiée par le pouvoir face aux groupes rebelles. Le palais de NDjaména abasourdi, compte déployer son armée sur toutes les lignes de front, suite à la réunion d’urgence restreinte dirigée par le président Mahamat Idriss DEBY avec le cabinet militaire.
Au-delà de l’événement ponctuel, Korbol illustre une défaite militaire symbolique et met en lumière la vulnérabilité structurelle du régime tchadien. La scène tchadienne est marquée par une constellation de mouvements armés : FACT (Front pour l’alternance et la concorde au Tchad) : déjà connu pour son offensive de 2021 qui avait coûté la vie au président Idriss Déby. CCMSR (Conseil de commandement militaire pour le salut de la République) : actif dans le nord, il revendique une lutte contre la marginalisation régionale. FNDJT (Front national pour la démocratie et la justice au Tchad) : moins médiatisé, mais présent dans les zones frontalières. MPDR (Mouvement pour la paix, la démocratie et la réconciliation) et FRAPE (Front révolutionnaire pour l’alternance politique et l’égalité) : factions plus récentes, mais capables de coaliser leurs forces.
Ces groupes, bien que dispersés géographiquement, partagent une stratégie : tester la résilience du pouvoir central par des attaques ciblées et des démonstrations de force. Korbol, situé loin de la capitale, montre que l’armée peine à contenir des foyers de rébellion dans des zones périphériques. Cela ouvre la voie à une projection possible vers N’Djamena, où la stabilité politique est déjà fragile.
L’incapacité de l’armée à neutraliser rapidement le MPRD révèle des failles opérationnelles. La capture de représentants de l’État par les rebelles est une humiliation qui souligne la faiblesse de l’autorité centrale. La multiplication des négociations avortées et des trêves rompues traduit un manque de légitimité et de cohésion nationale.
NDjaména est- elle devenue la citadelle à prendre ?
Si ces groupes rebelles parviennent à coordonner leurs actions, la menace pourrait dépasser le cadre régional pour devenir une offensive concertée contre la capitale. Dans ce contexte, Korbol n’est pas seulement une bataille perdue : c’est le symptôme d’un pouvoir contesté et vulnérable, où chaque revers militaire nourrit l’idée d’une alternance forcée par les armes.
En somme, Korbol est à la fois un fait militaire précis et une métaphore politique : il rappelle que le Tchad, malgré ses efforts de pacification, reste exposé à une insécurité chronique, où la fragilité du pouvoir nourrit la hardiesse des groupes rebelles.
Par Oussouf DIAGOLA et Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)


