Seif al-Islam Kadhafi ( 53 ans), longtemps considéré comme le dauphin de son père Feu Mouammar Kadhafi, incarnait l’espoir d’un retour du clan Kadhafi dans le jeu politique libyen. Après la chute du régime en 2011 et l’assassinat brutal du Guide de la Révolution populaire libyenne, il s’était réfugié dans la région montagneuse de Zenten, où il vivait dans un domaine fortifié, entouré de gardes fidèles et de technologies de surveillance dernier cri. Il a été assassiné lors d’une attaque armée de miliciens encagoulés cet après-midi plus précisément à 14heures dans sa résidence. Son corps reste introuvable. Détails exclusifs
À qui profite ce crime ?
Sa présence, bien que discrète, continuait d’alimenter les spéculations : pouvait-il rallier les tribus nostalgiques du régime et peser sur l’avenir politique de la Libye ? Seif al-Islam Kadhafi jouissait d’une légitimité inoxydable auprès de sa tribu Les Ghadafi et celle des Senoussi et d’une grande influence populaire pour reprendre le pouvoir depuis la chute de son père, Feu Mouaamar Khadafi en 2011. Autant il faisait figure de proue dans la Libye de demain, autant il était combattu par les différents appareils politiques qui se disputent la gestion du pouvoir.
Les circonstances de sa mort
Mardi 3 février 2026, des tirs nourris auraient retenti dans son domaine. Selon des sources locales, contactées par Confidentiel Afrique, un commando aurait neutralisé les systèmes de sécurité avant de l’abattre. L’opération, menée avec une précision militaire, laisse penser à une action commanditée par une faction puissante. Des sources militaires crédibles interrogées par Confidentiel Afrique en fin d’après-midi ont révélé que Saif Al Islam était dans le viseur ces derniers mois des milices du Premier ministre Dbeih, aussi celle du chef de la milice 444 de Mahmoud Hamza. Beaucoup y voient la main de ce dernier, glisse une source autorisée à Confidentiel Afrique. Son corps reste pour l’instant introuvable.
Le silence des autorités et la rapidité avec laquelle la nouvelle s’est répandue sur les réseaux sociaux renforcent l’impression d’une affaire bien montée. On attend l’ouverture d’une enquête par la justice libyenne pour plus de clarté. Mais, d’autres soupçons visent le général Khalifa Haftar, le chef de l’Armée nationale libyenne, qui est immédiatement apparu comme un suspect. Homme fort de l’est libyen, il cherche depuis des années à consolider son pouvoir et à éliminer toute concurrence.
Seif al-Islam représentait une menace symbolique, capable de fédérer les nostalgiques du régime Kadhafi. En l’éliminant, les milices anti- Ghadafi s’assurent que le clan de l’ancien régime resterait écarté des plausibles scénarii politiques de succession au pouvoir libyen.
La mort de Seif al-Islam ne se limite pas à une rivalité personnelle. Elle bouleverse les équilibres tribaux : les Warfallah et les Qadhadfa, fidèles au clan Kadhafi, pourraient se sentir trahis et marginalisés alors que les tribus alliées à Haftar renforcent leur position, mais au prix d’une fracture nationale accrue. Les milices de Misrata, longtemps hostiles aux Kadhafi, voient disparaître un ennemi historique, mais redoutent l’hégémonie de Haftar.
Au-delà des frontières libyennes
Dans le contexte de l’Alliance des États du Sahel (AES), où le Mali, le Niger et le Burkina Faso cherchent à redéfinir leur avenir sécuritaire et économique, la Libye reste un acteur incontournable. Si Haftar s’impose, il pourrait devenir un interlocuteur privilégié pour l’AES, mais au prix d’une dépendance accrue car la mort de Seif al-Islam réactive le traumatisme de 2011 et rappelle que la violence reste la voie privilégiée pour régler les rivalités politiques dans la région.
La mort de Seif al-Islam Kadhafi, dans des conditions opaques, illustre une constante libyenne : les héritiers politiques disparaissent dans le fracas des armes, sans procès ni vérité. Les rumeurs d’un assassinat commandité par soit Khalifa Haftar ou la milice de Mahmoud Hamza renforcent l’image d’une Libye où la loi du plus fort prime sur la justice.
Par Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)

