L’investiture du désormais ex- général Mamadi Doumbouya en tant que président, nouvellement élu de la Guinée se tient ce samedi 17 janvier 2026 au stade Général Lansana Conté à Conakry. Une dizaine de chefs d’État africains, chefs de gouvernement et d’institutions internationales sont arrivés et prennent part à la cérémonie d’investiture. Dès vendredi, la veille au petit matin, la capitale guinéenne était déjà quadrillée par un dispositif sécuritaire impressionnant.
Doumbouya, le président qui blinde sa sécurité derrière les fastes de l’investiture
À Conakry, on ne respire plus l’air marin mais celui des sirènes et des blindés. L’investiture du général Mamadi Doumbouya ce 17 janvier 2026 au stade Lansana Conté, derrière les fastes, ressemble moins à une fête républicaine qu’à une répétition d’un visage gueux au goût inachevé. Les Guinéens, eux, observent médusés : pour célébrer la naissance de la Cinquième République, il fallait donc transformer la capitale en caserne.
Le chef de l’État fraîchement élu avec 86,7 % des voix – un score qui ferait rougir même les dictateurs en retraite – semble convaincu que ses ennemis rôdent derrière chaque lampadaire. On pourrait parier que des « devins », invités au Palais Sekoutoureya pour des consultations nocturnes, lui auraient soufflé qu’un coup d’État se préparait. A croire, depuis, que Doumbouya dort avec ses bottes et ses ministres avec des gilets pare-balles, ironisent les Guinéens..
La paranoïa présidentielle a des effets spectaculaires : barrages filtrants tous les cent mètres, drones qui surveillent les toits, soldats qui contrôlent les sacs de riz comme s’ils contenaient des grenades. L’investiture n’est plus une cérémonie mais une opération militaire codée « Tempête sur Conakry ». Les chefs d’État étrangers invités auront droit à une visite guidée de la peur : escorte blindée, et peut-être même des détecteurs tous azimuts.
Ironie du sort : Doumbouya, qui avait promis de tourner la page des années de transition et de consolider la démocratie, inaugure son mandat en barricadant la République. La Cinquième République guinéenne commence donc sous le signe du soupçon. Le peuple, lui, se demande si le président élu gouvernera avec des lois ou avec des fusils.
Mais derrière cette mise en scène sécuritaire, il y a une vérité plus crue : Doumbouya connaît trop bien les règles du jeu africain. Lui-même est arrivé au pouvoir par un coup de force en 2021., déposant Alpha Condé un dimanche du 5 septembre. Alors, comment ne pas craindre que d’autres généraux, plus ambitieux ou plus superstitieux, imitent son exploit ? Les « devins du soir » n’ont fait qu’exprimer ce que tout le monde pense tout bas : en Guinée, le pouvoir est une chaise instable, et chaque investiture ressemble à une partie de roulette russe.
Un fauteuil présidentiel comme sur un volcan
Ainsi, le président élu s’installe dans son fauteuil avec la conviction qu’il est assis sur un volcan. Et pour conjurer le sort, il déploie des chars. La démocratie guinéenne, version Doumbouya, c’est donc un mélange de bulletins de vote et de barricades. Les devins peuvent dormir tranquilles : leur prophétie a déjà produit ses effets.
En attendant, Conakry vit au rythme des sirènes. Le peuple applaudit, rit jaune ou se résigne. Car au fond, chacun sait que le véritable spectacle n’est pas l’investiture, mais la peur d’un homme qui voit des putschistes partout, même dans les ombres de ses propres rêves.
Mamadi Doumbouya a remporté l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 avec 86,7% des voix, ce qui marque la fin de la transition politique entamée en septembre 2021. L’ancien chef de la junte au pouvoir, a promis de travailler pour le développement de la Guinée et de renforcer les liens diplomatiques avec d’autres pays. Son mandat constitutionnel qui commence ce samedi 17 janvier doit consolider la démocratie et marquer le début de la Cinquième République en Guinée.
Par Hippolyte GOURMANTIER (Confidentiel Afrique)


