Les tractations en coulisses sont allées très vite au lendemain du conclave des Chefs d’État de la CEDEAO tenu le 21 décembre dernier à Abuja. Dakar a dépêché à Bissau dans la plus grande discrétion son ministre des Affaires Étrangères Cheikh NIANG pour arrondir les angles avec les putschistes. Selon des informations exclusives de Confidentiel Afrique, le chef de la diplomatie sénégalaise est rentré bredouille sans trouver des points d’accords sur la requête d’exil des opposants Domingos Simões Pereira et Fernando DIAS DA COSTA. Une exclusivité de Confidentiel Afrique.
Le journal dans une édition électronique révélait que » la junte militaire acculée, joue les prolongations, suite à la pression exercée sur elle par des ministres civils du gouvernement de transition mis en place par les nouvelles autorités depuis le départ du président déchu Umaro Sissoco Emballo. Le général Horta N’Tam, favorable à la feuille de route de la CEDEAO, contrarié par cette posture subite de bon nombre de ministres que l’on présente comme étant des proches de l’ex- président, n’a pas voulu décrocher au téléphone le président nigérian Bola Tinubu.
Confidentiel Afrique renseigne dans la foulée que le ministre sénégalais des Affaires Étrangères Cheikh NIANG s’est entretenu à Bissau avec son homologue bissau-guinéen Joâo Bernado Vieira, par ailleurs candidat malheureux aux dernières élections présidentielles. Après une visite au pas de charge, ébruitée par nos soins, le ministre Cheikh Niang est rentré bredouille dans la capitale sénégalaise. Il a pu rencontrer l’opposant charismatique Domingos Simões Pereira, toujours séquestré dans un des bâtiments du ministère de la Sécurité publique et le victorieux des élections Fernando DIAS DA COSTA, réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau.
Pas d’accords trouvés à Bissau, Dakar tourne en bourrique
La délégation sénégalaise demandait la libération des prisonniers politiques. Selon des sources bien informées parvenues à Confidentiel Afrique, la junte a accepté, mais à condition que tous les principaux leaders dont Domingos Simões Pereira et Fernando DIAS soient exilés. Une proposition catégoriquement refusée par les leaders politiques. Face au refus des responsables politiques, la junte a revu sa copie en proposant la libération des responsables politiques qui peuvent cette fois-ci, rester sur le territoire national. Mais à condition qu’ils soient sous la garde des militaires putchistes. Refus catégorique des responsables politiques qui ne font aucunement confiance aux militaires. Mais pour ne pas contrarier le Sénégal, les militaires ont libéré les lieutenants des responsables politiques qui avaient été arrêtés.
Il faut signaler que cette logique des militaires est le prolongement de ce que Umaro Sissoco Embalo avait entamé. Pour rappel, Sissoco Emballo avait commencé par faire exiler l’emblématique ancien Premier ministre Dr Aristides Gomes qui lui faisait de l’ombre. Umaro Sissoco a juré que M. Gomes ne mettra pas les pieds à Bissau tant qu’il sera président de la République.
Une menace mise à exécution quand Dr Gomes s’est rendu à Bissau en novembre 2022 pour assister au congrès du PAIGC. Des hommes encagoulés ont tenté de l’enlever en plein congrès. Il a fallu l’intervention farouche des militants et responsables du PAIGC pour sauver Aristides Gomes qui quelques semaines après, sera exfiltré vers Paris. Ironie du sort, c’est Dr Aristides Gomes qui a été l’architecte des accords de Paris entre les principaux partis de l’opposition. Cet accord sera à la base du soutien du PAIGC à Fernando Dias da Costa, qui va remporter l’élection présidentielle.
Scénario identique que veut reproduire Horta N’Tam
Exactement, nos informations font état de la volonté de la junte de faire passer à l’échafaud du « silence » toutes les voix discordantes et placer à la tête des principaux partis des obligés de Umaru Sissoco Embalo.
À l’évidence, c’est comme si la diplomatie sénégalaise se faisait tourner en bourrique par l’équipée de Horta N’Tam en faisant croire qu’elle peut faire changer la trajectoire la junte et Embalo. Ce dernier a toujours dit en privé qu’après lui, c’est le déluge. Dakar est appelé â bien calibrer sa position dans cet imbroglio politico- diplomatique qui se joue à Bissau où les jeux d’influence pèsent.
Par Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)


