L’organisation interprofessionnelle du Cacao (OIA) s’est réunie mardi en soirée pour examiner l’exécution du paiement du stock résiduel à tous les agriculteurs qui détiennent le tixket de 2800 FCFA. A la rescousse de la crise que traverse la filière Cacao, le président ivoirien Alassane Ouattara remet les turbines en marche, alors que les crispations s’intensifient. Notre envoyé spécial Demba DIALLO a suivi l’affaire.
A l’issue de dix heures de travaux, Issiaka Diakité, président de l’OIA et les vice-présidents ont animé une conférence de presse. Face aux médias, le 3 è vice-président, Doua Obed Blone, a d’entrée mis les pieds dans le plat. Sur les 100.000 tonnes de cacao, subventionnées par le gouvernement, il reste entre 55 à 60.000 tonnes à enlever. Mais avec précision, il soutient que c’est 56000 tonnes qui ne sont pas enlevées, c’est-à-dire qui sont encore dans les coopératives. Un chiffre qui est contesté par le Conseil Café -Cacao qui soutient que c’est 44000 tonnes de fèves de cacao qui restent à enlever. Or, c’est sur ce stock résiduel que les reçus de 2800 francs (prix initial du cacao 2025-2026) que les planteurs possédant le reçu doivent être payés.
L’OIA a révélé à la presse qu’ils ont été reçus tour à tour à l’Assemblée nationale, à la Primature. Doua Obed Blone a aussi indiqué qu’ils (les agriculteurs )sollicitent le président de la République, Alassane Ouattara afin que tous les planteurs qui détiennent les reçus de 2800fcfa soient payés , «parce que l’État a subventionné 2800f sur le stock résiduel (stock à enlever)» rappelle Doua Obed Blone.
Photo: Le Président Issiaka Diakité et l’OIA sollicitent le chef de l’État pour le paiement du stock résiduel à 2800fcfa
Transcao et Sitapa contestés par l’OIA
Que se passe-t-il avec les sociétés Transcao et Sitapa avec le paiement du stock résiduel? L’OIA, précise que pendant l’inventaire des stocks résiduels, ces deux sociétés ne figuraient pas ; mais au moment du paiement, ces deux sociétés sont apparues avec des stocks résiduels . Leur présence signifie qu’ils doivent être payés, ce que l’OIA rejette parce ne figurant pas dans leurs fichiers. Le paiement donc du stock résiduel est presqu’à l’arrêt . Cet arrêt est le justificatif de la sortie de l’OIA devant la presse parce que « l’État de Côte d’Ivoire a subventionné 2800 fcfa sur le stock résiduel» mais sans les deux sociétés citées ci-dessus, où un certain «Ali cheveux blancs» fait la pluie et le beau temps. Un intouchable peu commode ergotent nos interlocuteurs.
Le temps du COVID -19 ressuscite les vieux démons car, l’Etat avait décaissé 100.000.000. de FCFA pour soutenir les producteurs, le partage de cette somme avait donné lieu à des chaudes empoignades. La question refait surface encore une fois au moment du paiement du stock résiduel. Pour rappel, l’enveloppe estimée à 291 milliards de FCFA ont été décaissés par l’État de Côte d’ivoire pour payer tous les agriculteurs qui détiennent le reçu de 2800 fcfa. A quand les principaux protagonistes fumeront-ils le calumet de la paix avant l’escalade ? Les enjeux sont décisifs.
Par David Grandit, à Abidjan (Confidentiel Afrique)



