Sur fond de tensions diplomatiques et de médiation discrète, le président ivoirien Alassane Ouattara, a dépêché au palais de Dakar un de ses plus proches collaborateurs, le vétéran Tièmoko Meyliet Koné, vice- président, pour faire fléchir la position du Sénégal dont le soutien officiel n’est pas toujours acquis à l’ex- président, Macky Sall (2012 à 2024). Ce dernier est en lice pour briguer le poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), alors que sa candidature n’a pas étè endossée par la totalité des pays membres de l’organisation.
Comme l’écrivait en exclusivité Confidentiel Afrique dans une édition électronique précédente sous le titre : « Comment le Burundi a portè la candidature de Macky Sall en laissant croire à un soutien de l’Union africaine ». Le président Évariste Ndayishimiye usant de son statut de président en exercice de l’Union africaine, reste le seul parrain au sein de l’organisation continentale à avoir décidé de porter la candidature de l’ancien président sénégalais. Toutefois, cette candidature qui n’a pas été endossée par la totalité des pays membres de l’organisation continentale- selon des investigations poussées de Confidentiel Afrique auprès du cabinet de la commission de l’Union africaine- basée à Addis-Abeba, suscite un malaise dans les couloirs de cette institution. Le parrainage unilatéral sans l’assentiment de la Commission en interne dédiée aux approbations ou non des candidatures africaines aux postes internationaux à l’Union africaine sera à l’ordre du jour lors de la prochaine session ordinaire des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Une session qui aura les allures d’une clarification avec le président Burundais Évariste Ndayishimiye et de remise à l’ordre pour respect scrupuleux aux règles de fonctionnement de l’organisation.
À Dakar, les autorités estiment que cette démarche aurait été engagée sans concertation préalable avec les institutions du pays; ce qui a contribué à alimenter un climat de crispation diplomatique. Une confirmation faite par le ministre des Affaires Étrangères Cheikh NIANG.
Ouattara en médiateur discret
Le président ivoirien joue- t-il contre la montre avant l’échéance décisive de l’examen des dossiers de candidature aux Nations Unies pour fléchir la position mi- figue, mi- raisin des autorités sénégalaises à soutenir la candidature de l’ex- président Macky SALL. Face à cette situation, le président ivoirien Alassane Ouattara, figure influente de la diplomatie occidentale en Afrique de l’Ouest vient d’ouvrir le mercato d’une médiation auprès de certains de ses pairs africains via ses émissaires plénipotentiaires. Retard à l’allumage confessent des sources diplomatiques.
Selon plusieurs sources concordantes, il aurait mandaté le vice-président de la Côte d’Ivoire, Koné Meyliet, afin de mener des discussions entre les nouvelles autorités sénégalaises et l’ancien chef de l’État, Macky Sall. Selon nos informations, la situation des finances de l’État du Sénégal a été aussi abordée au cours de l’audience.
L’objectif de cette initiative diplomatique serait de parvenir à une réconciliation politique et d’obtenir la caution du Sénégal pour soutenir Macky Sall. Ce quitus officiel de Dakar si le candidat Macky Sall parvenait à l’obtenir devrait desserrer l’étau diplomatique afin de compétir à la Tour de Manhattan.
Par Hugues DESORMAUX (Confidentiel Afrique)

