Journaliste et chef de Cellule média et communication du Bureau d’information et de communication du Gouvernement (BIC-Gouv), Ibrahima Diallo vient de publier «Résistance, chronique de la révolution patriotique ». Très proche du Premier ministre Ousmane Sonko, l’homme jouit aussi d’une crédibilité, fruit de son parcours de combattant pour des causes nobles depuis son adolescence. En exclusivité, Confidentiel Afrique dresse sans gants le portrait de l’auteur de ce tome 1 d’une trilogie retraçant « Les années de braises » de l’aventure du Pastef.
Lacoste d’un vert militaire enfilé, barbe à moitié fournie, la mine crevée par des jours de guérilla urbaine, visage pétillant, le jeune Ibrahima s’extrait du domicile aux mures infranchissables où s’est retranché l’opposant traqué par toute une armada répressive déployée par le régime. Dehors, au milieu des décombres, stigmates de l’intensité des échauffourées de la veille entre jeunes et forces de l’ordre, il est poursuivi par un groupe de journalistes affamés de nouvelles du «reclus de Ziguinchor». Le quartier Néma, en cet après-midi d’effervescence du 17 mai est pris dans un tourbillon de folie, alourdi d’une atmosphère caniculaire. Les rides du visage perlés de sueur, Ibrahima Diallo se voit forcer à un point de presse improvisé. « Il est toujours là. Il n’a pas bougé de chez lui. C’est le chef de l’opposition. Il est aussi le maire de la commune de Ziguinchor. Il a d’ailleurs reçu ce matin ses collaborateurs de la municipalité. Des gens du parti et même des leaders de la coalition Yéwwi Askan Wi. Donc je ne sais pas d’où vient ce mensonge qui prétend qu’il s’est enfui du pays », recadre-t-il avant de s’éclipser. Les paparazzis ne lâchent pas ses basques. Quelques heures plus tard, tout au long d’une artère de ce bastion politique transformé en champ de bataille, Diallo, perché sur une pickup Ford F-150, se mue en reporter pour faire vivre en direct la première sortie de Sonko depuis le blocus de Ziguinchor. « Mongi nonou ! Mongi nonou ! », entonne-t-il à l’endroit de l’homme acclamé par une foule en liesse, tel un capitaine de régiment de retour d’une guerre gagnée. Mieux, c’est aux cotés de ce dernier, qu’il assume urbi orbi le « don de soi » jusqu’à la conquête du pouvoir le 24 mars 2024. Du cataclysme au zénith. Un parcours éblouissant !
Ibrahima DIALLO ( Photo ci dessous), auteur de louvrage » Résistance, chronique dune révolution patriotique
Un résistant des « fournaises » dans l’âme
Ibrahima DIALLO, auteur de louvrage » Résistance, chronique dune révolution patriotique
Natif de Richard Toll, ville à laquelle il voue un amour incommensurable, Ibrahima Diallo s’est très tôt distingué au milieu des siens par une vie de résistant. Ecœuré par des abris provisoires qui faisaient office de salles de classes et par un taux élevé de déperdition scolaire, il se fera remarquer, dès l’adolescence, dans une chaude grève pour l’érection d’un lycée dans sa localité. Meneurs de ce mouvement de révolte, lui et sa bande, composée de six élèves réputés terribles, se verront cibler par les hautes autorités pour avoir imposé un barrage de 7 heures à 13 heures sur la nationale 2 à hauteur de Richard Toll. «Même les camions de la Compagnie sucrière avaient payé les frais de ce mouvement. Nous étions activement recherchés. A l’époque, il avait fallu que le President Wade dépêche le ministre Oumar Sarr pour que celui-ci entame des négociations afin de lever le blocus. Le President s’était montré sensible à cette revendication. Il nous avait offert un bus qui était d’une importance capitale pour les élèves habitant surtout les quartiers périphériques. Parce que le lycée se trouvait à Dagana et la plupart des parents n’avaient pas les moyens de payer le transport à leurs enfants confrontés à des problèmes d’hébergement. C’est aussi grâce à cette lutte, qu’un lycée moderne a été construit chez nous », se remémore fièrement Ibrahima Diallo, actuellement chef de Cellule Média et Communication au Bureau d’information et de communication du Gouvernement (BIC-Gouv).
De « poucet- poète » à l’historien du présent
Taille moyenne, teint clair, yeux asiatiques, Ibrahima Diallo a plongé la main dans l’encrier dès le bas âge. Ce goût précoce de flirter avec la muse lui a valu, au collège, le surnom de petit poète. « J’ai écrit mon premier recueil poétique en classe de 5e », relate-t-il. Alors prédestiné à l’écriture, le fils de Mamadou alias Caporal est repéré aussi pour son talent dans l’art oratoire. Sa trajectoire prend le fil d’Ariane. Subitement, les portes de la Radio « Duunya » locale s’ouvrent â lui, malgré son jeune âge. Pour Diallo, c’est le début d’une brève aventure avec une émission intitulée « la voix des écoliers ». Dans les couloirs de cette antenne, il chope le virus du journalisme qui le mènera à l’emblématique chaine la 2STV où il se hissera au statut de producteur et chargé de contenus. Historien du présent et engagé aux cotés du leader du Pastef, Ousmane SONKO, Diallo s’était donné comme mission de graver dans le marbre les péripéties de la sanglante brimade exercée par le régime de Macky SALL sur ses compagnons. Le 27 décembre 2025, il publie « Résistance, chronique de la révolution patriotique », le tome 1 d’une trilogie retraçant « Les années de braises » de la saga des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). « Ibrahima Diallo, journaliste multicartes, incarne à merveille ce don de soi pour une patrie qui a bu jusqu’à la lie le calice … des réprimandes, de la répression mortifère, de l’emprisonnement, des privations iniques de 2021 à 2024, une période marquée par des accusations de viol et une chasse impitoyable à l’homme, à tout cet aréopage d’hommes et femmes qui ont préféré rester debout », a témoigné, en tant que préfacier de l’ouvrage, Mame NGOR NGOM, par ailleurs Directeur général du BIC-Gouv.
Sa première rencontre avec Sonko
La trentaine, époux d’une enseignante et père de deux enfants, Ibrahima Diallo n’a pas croisé Sonko en chemin par le pur hasard. Car si les deux partagent le dégout du «système », ils sont aussi convaincus que l’approche souverainiste est l’unique voie qui s’impose face à toute puissance colonialiste qui refuse de « lever son genou sur notre cou» longtemps serré. « J’ai rencontré Sonko pour la première fois, en 2016, au cours d’une manifestation contre les Accords de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et des pays d’Afrique. De poste Médine au rond-point Sahm, on se taquinait sur la Présidentielle qui devait avoir lieu en 2019. C’est ce jour que nous avons eu un profond échange sur la marche politique de notre pays. A la fin, on s’était donné rendez-vous, histoire de poursuivre ce débat », se souvient Ibrahima Diallo devenu membre du Secrétariat national à la communication du Pastef. Dans cette tâche où il s’est révélé pointu dans les ficelles de la communication digitale, sa vision cadre aussi parfaitement avec celle de l’actuel Premier ministre. «Sonko est avant tout un passionné de technologie. Il est convaincu que, de nos jours, les réseaux sociaux constituent le meilleur média au monde. Même pour la Com’ de Pastef, on s’est adressé au monde entier à travers le téléphone connecté. Pour nous, le numérique est à la fois stratégique et générationnel », qualifie Ibrahima Diallo. Forgé dans la transpiration à haut débit, le sémillant Ibrahima DIALLO réserve aux férus du mercato digital des innovations audacieuses au service exclusif de la nation.
Par Chérif Ismael AÏDARA, Directeur Éditorial de Confidentiel Afrique.


