Le Sénégal a commémoré ce 1er décembre 2025 le 81 ème anniversaire du massacre de Tirailleurs Sénégalais. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a présidé l’événement aux côtés de son homologue gambien Adama Barrow, du Vice-Président de Côte d’Ivoire et du président du Parlement du Togo, a posé la première pierre de la Stèle commémorative du massacre de Thiaroye, située entre le camp et le cimetière. Il s’ engage aussi à rétablir la vérité historique et ce, en collaboration avec l’État Français.
Ce rendez-vous annuel de commémoration s’est déroulée en deux temps. En premier, une cérémonie militaire au cimetière Thiaroye. Dans ce lieu symbolique, le président de la République accompagné d’une forte délégation s’est recueilli et a déposé une gerbe de fleur devant la tombe des tirailleurs massacrés par l’armée française.
En second lieu, ils ont rejoint le Camp militaire où s’est tenue la cérémonie civile qui correspond aux discours officiels et prestations artistiques.
Thiaroye 44, devoir de mémoire enfouie dans la douleur
C’est dans une ambiance fraternelle, lourde de souvenirs qu’ils ont célébré le 81 ème anniversaire du massacre de Thiaroye. Cette cérémonie s’est déroulée sous la présence effective du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye , du Premier Ministre Ousmane Sonko, des membres du gouvernement, du Président Gambien, Adama Barro , des représentants diplomatiques de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Cameroun, des Comores, de la République du Congo, de la Mauritanie et du Tchad, du corps militaire, élus et familles des tirailleurs. Un moment historique qui marque une phrase décisive dans la restauration de la vérité confisquée durant toute ces années.
Tout en rendant hommage à ces <héros africains venus divers horizons >, le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a clamé haut et fort « justice » pour ces vaillants soldats. Il rappelle que «la vérité ne s’efface jamais et qu’elle finit toujours par réclamer justice ». Il indique que leur seul tort à l’origine de leur exécution est d’avoir “”réclamé le paiement de leur dû, la reconnaissance de leur dignité et le respect de la parole donnée “
Sur l’installation d’une stèle commémorative, le Président de République dans son allocution a précisé qu’ »elle ne sera pas un simple monument de pierre ». Elle constituera le cœur d’un vaste ensemble mémoriel comprenant une esplanade pour les commémorations, des espaces éducatifs et culturels dédiés à la jeunesse, et des résidences pour accueillir des chercheurs du monde entier venus travailler sur les histoires et les mémoires coloniales.
Il indique que “La Stèle fera de Thiaroye un lieu de mémoire vivant, un phare de vérité historique et une citadelle de savoir pour les générations futures. Elle traduit notre volonté de transformer la douleur en force, le souvenir en apprentissage, et le passé en levier pour un avenir de souveraineté et de dignité retrouvées ».
Livre Blanc, une référence, un autre tournant
Bassirou Diomaye Faye n’ a pas manqué de souligner aussi l’ importance du Livre Blanc sur le massacre de Thiaroye et de magnifier sa publication officielle
Ce document fondamental, explique-t-il , est le fruit d’un travail scientifique et d’une enquête minutieuse, qui s’est appuyé sur des archives, sur la parole des témoins et sur des preuves matérielles pour reconstituer les faits et restituer leur dignité aux martyrs.
Il déclare que ce Livre blanc devient désormais une référence incontournable pour comprendre Thiaroye. Il confirme que la mémoire ne peut plus être un territoire de dissimulation, mais doit devenir un espace de justice, de réparation morale et de reconstruction collective.
Par ailleurs, le Président de la République annonce que le gouvernement s’engage à renforcer la place de l’histoire du massacre de Thiaroye dans les programmes scolaires du pays. Il est persuadé que les enfants doivent en connaître les séquences, les acteurs et les récits. Ils doivent comprendre les mécanismes de la domination coloniale et la valeur de la résistance. Cette transmission est le fondement même de la conscience nationale, de la citoyenneté et de l’engagement panafricain.
L’histoire de Thiaroye 44 reste une tâche d’huile dans les annales et les mémoires des africains. Par devoir de Justice, le Sénégal sous l’égide du Président Bassirou Diomaye Faye s’engage à rétablir la vérité et rendre la dignité à ces valeureux tirailleurs au nom de la conscience nationale.
Par Safiatou COLY (Confidentiel Afrique)


